16.01.2026 - 01.02.2026

Le 3 octobre 2025, jour du « Trounwiessel », Son Altesse Royale le Grand-Duc prête serment devant la Chambre des Députés et accède au trône de Luxembourg. 

Tarif
  • Gratuit

À cette occasion, la Maison du Grand-Duc commande une série de portraits officiels destinés à représenter le Chef de l’État dans le cadre institutionnel. La présentation réunie ici, organisée en collaboration avec le Nationalmusée um Fëschmaart et avec le soutien de la Chambre des Députés et le ministère de la Culture, offre pour la première fois cet ensemble au regard du public.

Réalisées par Serge Ecker, Andrew Gow, Louise Pragnell et Roland Schauls, les œuvres exposées – peintures et buste – s’inscrivent dans une tradition séculaire, celle du portrait officiel. Leur création a fait intervenir un réseau de savoir-faire spécialisés : encadreurs ayant conçu et réalisé sur mesure les encadrements selon des méthodes traditionnelles, spécialistes du scan 3D pour le buste, ainsi qu’une fonderie d’art mobilisant une large palette de compétences pour sa réalisation en bronze.

Loin de se limiter à une simple ressemblance, ces portraits proposent différentes manières de penser l’image officielle : comme instrument de représentation du Chef de l’État, comme marqueur d’un début de règne ou encore comme contribution à une scène artistique luxembourgeoise particulièrement dynamique.

Biographies

 

Roland Schauls

Roland Schauls est un artiste peintre qui réside et travaille au Luxembourg et à Stuttgart. De 1974 à 1982, il a étudié à la Staatliche Akademie der Bildenden Künste de Stuttgart, puis a enseigné à la Freie Kunstschule de la même ville avant de se consacrer à son activité artistique en tant qu’artiste indépendant. Il a reçu le Prix Pierre Werner, décerné par le Cercle artistique de Luxembourg, en 1998, puis à nouveau en 2018.

Depuis le début des années 1980, Roland Schauls a présenté de nombreuses expositions individuelles au Luxembourg, en Allemagne et à travers l’Europe. Il a également participé à de grandes expositions collectives internationales, telles que la Biennale de São Paulo. Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques et privées, notamment au MNAHA et à la Villa Vauban, à la Staatliche Kunstsammlungen Dresden (Galerie Neue Meister), ainsi que dans plusieurs établissements financiers et institutions gouvernementales européens.

Parmi ses œuvres notables figure le tableau monumental intitulé « The Portrait Society », installé de manière permanente depuis 2020 dans le hall d’entrée du MNAHA. Conçue entre 1995 et 1998, cette œuvre s’étend sur une surface de plus de 100 m2 et rassemble un ensemble de 504 autoportraits historiques, soigneusement sélectionnés parmi les pièces notables de la collection d’autoportraits d’artistes de la Galerie des Offices (Uffizi) à Florence. Cette sélection inclut des œuvres de maîtres tels que Dürer, Rembrandt, Rubens, Velázquez et Delacroix, offrant un aperçu exceptionnel de la représentation de soi à travers les âges et les cultures. Conçue comme une immense mosaïque de visages et de perceptions visuelles, cette « société » place d’emblée le visiteur dans une situation d’échange et de partage, et dévoile un espace de lecture transhistorique des formes de l’autoreprésentation.

 

Andrew Gow

Andrew Gow est un artiste peintre britannique exerçant le métier de portraitiste depuis plus de 20 ans. Après avoir obtenu une formation académique approfondie aux États-Unis, à Florence, à Paris et à Londres, il a développé un style qui allie une maîtrise classique rigoureuse à une sensibilité contemporaine marquée. Au cours de sa trajectoire professionnelle, son activité s’est principalement déployée entre la Toscane et Londres. Actuellement, il exerce son activité depuis son atelier situé dans la région des Surrey Hills, tout en voyageant fréquemment pour honorer ses commandes.

Il réalise des portraits individuels, ainsi que des compositions comprenant plusieurs personnages. Ces œuvres sont destinées à de grandes institutions, notamment à la royauté européenne et à des organisations mondiales, et sont ainsi exposées dans des résidences privées, des salles de conseils d’administration, des institutions universitaires, jusqu’au palais apostolique de la Cité du Vatican. Il a exposé avec la Royal Society of Portrait Painters et le New English Art Club, et est membre du Chelsea Arts Club et de la Royal Company of Archers.

Outre la représentation de l’être humain, il s’exprime également à travers la peinture de paysages et de scènes botaniques. Dans ces dernières, il aborde la fragilité du monde naturel et la nécessité d’une relation plus équilibrée entre les êtres humains et leur environnement. Les personnages et les scènes de ces œuvres font souvent référence à l’histoire de l’art et à la vie du peintre lui-même. Chaque peinture joue ainsi un rôle à la fois narratif et réflexif sur la peinture et le rôle du peintre dans le monde contemporain.

 

Louise Pragnell

Peintre britannique, Louise Pragnell inscrit son travail dans la tradition du portrait à l’huile tout en répondant aux exigences de la représentation publique contemporaine. Elle a suivi un parcours académique en beaux-arts à l’université d’Édimbourg, ainsi qu’au sein de l’Edinburgh College of Art. Par la suite, elle a enrichi sa formation par un séjour d’études en Italie, où elle a eu l’opportunité d’approfondir ses connaissances en techniques classiques de la peinture à l’huile à la Florence Academy of Art, ainsi que dans l’atelier de portrait de Rebecca Harp. Depuis près de vingt ans, elle se consacre principalement à la peinture d’après séances de pose, développant une pratique qui va du portrait familial intime aux effigies officielles de personnalités publiques, jusqu’aux vastes portraits de groupe de militaires.

En janvier 2025, elle a dévoilé un portrait de 2,5 mètres de Sa Majesté la Princesse Royale, commandé par la Worshipful Company of Saddlers. Elle s’est également illustrée dans la représentation de personnalités de renom, telles que l’animateur de télévision Jeremy Clarkson, l’homme politique William Hague ou encore l’icône de la Formule 1, Sir Jackie Stewart.

Dans le domaine militaire, elle a notamment peint le Général Sir Nicholas Houghton, le Général Sir Peter Wall et le Général Sir Jim Hockenhull. En 2023, une toile de trois mètres représentant 32 officiers des Irish Guards a été présentée au Prince et à la Princesse de Galles. Par ailleurs, un portrait de groupe de 25 officiers de la Household Cavalry, dévoilé par la Princesse Royale, est conservé aux Hyde Park Barracks.

Dans l’ensemble de son œuvre, l’artiste allie une observation attentive, une technique classique maîtrisée et un sens aigu du caractère pour produire des portraits qui sont à la fois des représentations individuelles et des archives durables de la vie publique.

 

Serge Ecker

Le travail de l’artiste luxembourgeois Serge Ecker s’articule autour d’une exploration des savoir-faire, des notions de mémoire et d’improvisation, ainsi que de la vanité associée aux nouvelles technologies.

Son intérêt se porte particulièrement sur l’environnement bâti et les détails négligés qui composent ce cadre. L’artiste s’inspire souvent d’éléments qui échappent au regard. Dans son processus créatif, Ecker fait régulièrement appel à des outils technologiques tels que la numérisation 3D, la modélisation informatique et l’impression 3D. Il les intègre de manière à les combiner avec le travail manuel et l’improvisation. Dans cette perspective, il analyse la dépréciation du savoir-faire et du travail dans un contexte de mondialisation et de numérisation croissantes. En outre, il remet en question la croyance selon laquelle les nouvelles technologies seraient intrinsèquement progressistes ou supérieures.

Parmi les œuvres les plus visibles de l’artiste, figure la sculpture publique « Mélusina » (2015), installée sur les rives de l’Alzette, dans le quartier du Grund à Luxembourg. Conçue numériquement à partir d’un scan 3D du corps d’une femme, cette figure magenta de sirène a d’abord été décomposée en facettes avant d’être matérialisée sous la forme d’une sculpture en céramique.

Plus récemment, Ecker a orienté ses efforts vers des préoccupations écologiques. Il explore désormais des scénarios où la présence humaine se trouve réduite et où la nature reconquiert lentement l’espace. À travers ses projets, Ecker invite à réfléchir à la manière dont le réel est filtré par les images et les données numériques, tout en incitant à considérer la capacité de l’art à réinscrire ces strates filtrées dans une expérience à la fois tangible et physique.